Le 1er supérieur de St Stan : l’abbé Orillard (1829-1835)

« Trop, c’est trop… implanter une école, soit, mais la diriger, ce n’est pas possible, se dit l’Abbé Angebault, trop occupé par les affaires de l’Evêché. Il se tourne alors vers son vieil ami l’Abbé Orillard :

« Voulez-vous vous charger de cette pension que nous fondons ? C’est une oeuvre digne de votre dévouement

(il a été professeur à Guérande, à Chauvé et supérieur du collège de Machecoul). Beaucoup d’enfants qui vont y venir occuperont plus tard de hautes situations. Il importe qu’ils soient parfaitement élevés« .

Et c’est ainsi que nous retrouvons cet ecclésiastique à la tête de l’école.

Malheureusement, nous ne connaissons pas les noms de ces premiers élèves. Les premiers registres connus datent de 1831 ; on y trouve les noms de Godet, Lauriston, Charette, Bascher, Ferron, Dunan, Poirier, Chassaignac, Sue…

Avec l’Abbé Orillard, l’établissement devient vite si florissant que Monseigneur de Guérines lui-même peut ècrire à l’un de ses neveux en Auvergne :

« La maison va bien… j’y ai mis un excellent ecclésiastique qui inspire toute confiance pour être le Supérieur de cette maison. On n’y reçoit les élèves qu’après de bons renseignements. D’ailleurs, on y trouve une tenue parfaite dans le pensionnat, des maitres d’agréments et de gymnase, tout ce qui peut développer l’esprit et fortifier le corps… Je ne balancerais pas à vous conseiller d’y envoyer votre fils ».

Cette pension s’affirme comme la maison préférée des familles de l’Ouest restées fidèles aux princes exilés après l’arrivée au pouvoir de Louis Philippe : Cornulier, Mauclerc, Tinguy, La Roche Saint André, Villeblanche, Longueville, Kersabiec, La Nicolière…

On y vient des colonies : Guadeloupe, Martinique… mais aussi de la Nouvelle Orléans, de la Havane….; le port de Nantes en est sans doute la cause.

Les deux tiers des élèves viennent de Nantes. Il est remarquable de constater que l’Abbé Orillard a su rapidement fidéliser les familles (2 ou 3 enfants par famille). Il est estimé de tous ; une mère n’hésite pas à dire : « c’est un saint ».

Saint, il essaye de l’être à l’image de Saint Stanislas pour lequel il éprouve une grande dévotion. Saint Stanislas, tel est désormais le nom donné à sa maison, malgré la réticence de nombreux nantais qui l’appelleront pendant longtemps la « Pension Orillard ».

Pour l’aider dans sa tâche d’éducateur, à défaut de prêtres, il s’entoure de deux diacres et de deux laïcs. Les effectifs allant en augmentant, il fait appel, le 16 janvier 1833, aux Frères de Ploërmel en la personne du Frère Evariste.

Faute de place, on ajoute deux ailes au logis existant et « on construit perpendiculairement : à l’ouest, un long bâtiment comportant un rez-de-chaussée à arcades et deux étages, terminé au sud par une tour carrée ». (Cette construction existe toujours à gauche du collège après avoir franchi le portail d’entrée). On envisage un bâtiment identique à l’est, mais celui-ci ne voit jamais le jour.

Fatigué, l’Abbé Orillard demande bientôt à être relevé de ses fonctions ; la pension compte alors 120 élèves ».

*Extrait de l’ouvrage « Saint Stanislas de Nantes, 150 ans d’Enseignement Catholique », ISBN 2-908289-11-3.

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