Jules Verne, élève à Saint Stanislas

« Pierre, son père, et sa mère, Sophie Alliotte de la Fuye, rencontrent Monsieur Litoust pour une inscription comme demi-pensionnaire. La date exacte de son entrée est difficile à préciser, peut-être en Octobre 1896 en classe de huitième. Ce qui est sûr par contre, c’est sa présence à Saint Stanislas comme élève, d’octobre 1837 à août 1840, en classe de septième puis de sixième et de cinquième, comme le prouvent les listes de classes et les palmarès.

Saint Stanislas n’étant pas autorisé à dispenser l’enseignement au delà de la classe de cinquième, Jules Verne doit choisir entre le Collège Royal et le Petit Séminaire. Les parents du petit Jules optent pour la deuxième solution. On le retrouve cependant plus tard en classe de rhétorique au Collège Royal où il devient l’année suivante bachelier en philosophie, soit en 1845.

Paul Verne, frère cadet de Jules, est lui aussi élève à Saint Stanislas ; preuve de la confiance que cette famille accorde à l’éducation donnée dans cet établissement.

A cette époque, sur cent vingt élèves présents, plus de la moitié sont Nantais. Les autres sont originaires des communes environnantes (Joué, Riaillé, Nozay, Le Loroux, Vallet…), de la Vendée (Montaigu, Luçon…), du Maine-et-Loire et de la Bretagne. Nantes, par sa vocation maritime et coloniale attire. En 1836, on compte treize jeunes venant de la Guadeloupe, de la Martinique, de la Nouvelle-Orléans, de la Désirade, de l’Isle Bourbon, de Cayenne… A n’en pas douter, Jules Verne se fait des amis parmi ces jeunes gens venus d’ailleurs, et se met vraisemblablement à rêver d’aventures en les écoutant parler de leur pays.

Ce voyage extraordinaire, il le tente pendant les grandes vacances de 1839 (du 22 août au 8 octobre). Il achève sa sixième. A l’insu de ses parents, il s’engage comme mousse sur la « Coralie », un trois-mâts, accosté au Port de Nantes et en partance pour les Indes. Il désire découvrir la liberté et ramener à sa cousine Caroline, qu’il adore, un collier de corail. Cette aventure, malheureusement pour lui, s’arrête à Paimboeuf ; son père, averti, le rejoint en pyroscaphe (bateau à vapeur).

Le 8 octobre, jour de rentrée, il est présent à Saint Stanislas en classe de cinquième.

Cet épisode ne semble pas avoir des conséquences négatives sur la suite de ses études comme le montre le palmarès de l’année scolaire 1839-1840 ; ses résultats sont comparables à ceux des années précédentes.

Il obtient en version latine le premier accessit, en musique vocale le deuxième accessit.

1838-1839, en classe de sixième, il avait obtenu en thème grec le premier accessit, en version grecque le premier accessit, en géographie le troisième accessit.

1837-1838, en classe de septième en examen le deuxième accessit, en géographie le deuxième accessit, en mémoire le premier accessit, en musique vocale le prix pratique.

A travers ces différents résultats, on remarque que Jules Verne reçoit, comme tous les autres jeunes de Saint Stanislas, une bonne formation classique faite de latin et de grec et que ses disciplines préférées sont la géographie et la musique. C’est un élève moyen, dirions-nous maintenant, sans plus ».

*Extrait de l’ouvrage « Saint Stanislas de Nantes, 150 ans d’Enseignement Catholique », ISBN 2-908289-11-3.

Le saviez-vous ?